Pourquoi les « bonnes » pratiques prodiguées au cours des formations sont-elles mieux retenues avant le déjeuner ?

Pourquoi les « bonnes » pratiques prodiguées au cours des formations sont-elles mieux retenues avant le déjeuner ?

 La plupart des cabinets de conseil en management proposent en plus de missions de conseil, des missions de formations. Cela leur permet de se diversifier et participent également à faire diffuser leur savoir. Ces missions de formations dans le domaine managériale s’articulent autour d’une ou de plusieurs demi-journées au cours desquelles, un formateur va transmettre aux stagiaires,  des « bonnes » pratiques managériales. La qualité d’une formation peut par conséquent se caractérisée par le taux de mémorisation des « bonnes » pratiques par les stagiaires.  Or il n’est pas rare de constater, qu’un bon nombre des « bonnes » pratiques managériales soit présenté juste avant l’heure de la pause déjeuné ou de la pause gouter.

Mais est-ce si pertinent ? Existe-t-il au cours de la journée des périodes durant lesquelles notre cerveau serait plus ou moins « disponible » pour  mémoriser une « bonne « pratique ?

Il semblerait que oui, tout simplement parce que notre cerveau a tendance à être plus disponible lorsque nous avons faim. Nous aurions donc plus de facilité à mémoriser les « bonnes » pratiques qui nous sont proposées juste avant d’aller de nous restaurer. C’est ce que révèle cette étude neuroscientifique :

  • Dans une étude publiée par S.Diano et al. (2006), elle met en évidence qu’une hormone intestinale, la ghréline, sécrétée par le tube digestif lorsque nous avons faim, a un effet sur le cerveau et notamment sur les processus mémoriels.  Des études précédente avaient déjà mis détectée la présence de cette hormone de la « faim » dans le cerveau, sans toutefois réussir à expliquer les raisons de cette présence.

 Pour démontrer le rôle de la ghréline au niveau du cerveau, cette hormone, la ghréline, a été injectée à des souris de laboratoire. Au cours de cette expérience, S.Diano constate que les souris mémorisent plus d’éléments nouveaux dans leur environnement. De façon complémentaire, elle constate aussi que la ghreline se fixe directement sur l’hippocampe, une structure impliquée dans la mémoire. Cette fixation est corrélée à une augmentation du nombre de connexions entres les neurones, de sorte que l’activité cérébrale dans cette région (l’hippocampe) soit accrue.  

Ces 2 résultats congruents permis à S.Diano d’expliquer le rôle de la ghreline au niveau du cerveau et plus précisément son lien avec la mémoire.

 Le lien décrit par S.Diano, entre la faim et la mémoire serait commun à un grand nombre d’espèce dont l’homme et obéirait à une logique de survie. Lorsque nous avons faim, nous devons être capable de faire appel au centre de la mémoire pour nous souvenir des endroits où nous pourrons nous nourrir.

Ainsi, lorsque nous avons faim, la ghréline agit sur le cerveau et notamment sur le centre de la mémoire (hippocampe), ce qui va nous permettre de plus facilement mémoriser une « bonne » pratique.

Conclusion :

Nous pouvons conclure de cette étude, que certains moments de la journée sont plus propices que d’autre pour transmettre une « bonne » pratique. En effet, il existe des périodes dans la journée où notre cerveau est plus « disponible» pour mémoriser de nouvelles informations. Cela est corrélé à la libération de la ghréline, une hormone de la faim, qui va renforcer nos capacités de mémorisation. Ainsi les « bonnes » pratiques managériales présentées avant la pause déjeuner ou le gouter, seront mieux mémorisées.

Pour en savoir plus :

Diano S et al. 2006. Ghrelin controls hippocampal spine, synapse density and memory performance. N  ature Neurosciences. Vol 9 n°3, 381-8.

 

 

Tags:

Leave a Comment

*