Pourquoi avons-nous tant besoin de feedback de la part de nos responsables hiérarchiques ?

C’est le jour J. Après plusieurs jours/semaines de dur labeur, vous présentez fièrement votre travail. Mais avant même que vous ayez terminé, votre/vos responsable(s) hiérarchique(s) vous interrompt en vous disant d’un ton sarcastique « Vous rêvez ou quoi ? Votre cahier des charges ne tient pas la route ? ». Humilié, vous ne dites plus un mot jusqu’à la fin de la réunion. Pendant les jours qui suivent, vous repensez à la réunion en vous disant que si votre/vos responsable(s) hiérarchique(s) avai(en)t été plus disponible, vous auriez pu éviter cette déconvenue.

Cette situation qui nous est déjà arrivé à tous au moins une fois, renvoi à la question de feedback, dont les gens ont besoin pour avancer dans la bonne direction. Le modèle de feedback est d’ailleurs utilisé pour expliquer le fonctionnement de notre cerveau lors de l’exécution d’une commande motrice (mouvement).

  • Dans son livre, Marc Jeannerod explique la façon dont est programmé notre cerveau pour exécuter un mouvement

 

A chaque fois qu’un mouvement est réalisé, deux mécanismes qui agissent de concert vont être enclenchés.  Un mécanisme de « feedforward » qui s’enclenche avant l’exécution du mouvement et le mécanisme de feedback qui se met en route pendant l’exécution du mouvement. Alors que le premier consiste à donner les grandes lignes du mouvement afin de guider le membre vers sa cible, le second mécanisme compense périodiquement les écarts de trajectoire par rapport à cette même cible. Cela permet d’atteindre notre cible sans aucune difficulté.

 

Parmi les structures cérébrales impliquées dans cette correction, le cervelet (situé à l’arrière de la tête sous les hémisphères cérébraux) joue un rôle clef. En effet, cette structure compare ce qui est prévu de faire avec ce qui est réellement fait grâce au mécanisme de feedback. Ainsi, les patients atteints de lésions au niveau du cervelet ne peuvent plus corriger les écarts de trajectoire. C’est comme si il n’avait plus de feedback. La réalisation du mouvement ne se fait alors plus correctement. Les patients sont par exemple incapables de faire des gestes précis comme toucher avec leur index le bout de leur nez. Le mouvement est orienté dans la bonne direction mais sans feedback, aucune correction en temps réel ne peut être accomplie.

 

 

Conclusion

 

Cette analogie avec l’exécution du mouvement permet d’illustrer le fait que le cerveau a développé des stratégies de feedback, dont il faut nous inspirer dans le cadre de la réalisation de projet (et autre). En effet sans feedback, l’individu ne sait pas comment pensent ses supérieurs ou ses collaborateurs. Il avance à l’aveugle. Il est donc dans l’incapacité de corriger ou rectifier l’orientation qu’il a choisi de prendre pour traiter le projet en cours. Cela  générant des problèmes qui peuvent s’aggraver avec le temps. Pour éviter d’en arriver là, il est nécessaire de faire des points réguliers quant à l’avancement du projet afin de ne pas passer à côté de l’objectif.

 

Pour en savoir plus

Marc Jeannerod, le cerveau volontaire, collection Odile Jacob.

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