A l’épreuve des différences

Ci-dessous, les idées clés du livre de Philippe D’Iribarne, A l’Épreuve des Différences

Introduction

A partir d’enquêtes poussées sur le cas de Lafarge, Philippe d’Iribarne décrit par le menu, de la Chine au monde arabe et aux Etats-Unis, la manière dont une entreprise mondiale affronte la pluralité des cultures. Comment, pour une entreprise, faire partager (et le faut-il ?) ses valeurs ? Celles-ci peuvent-elles prendre corps n’importe où sur la planète, ou sont-elles trop liées à une vision du monde qui reste l’apanage de l’Occident ? Les grands débats sur la démocratie et les droits de l’homme se retrouvent ici, de manière plus terre à terre, mais non moins pressante, dans les relations humaines concrètes vécues au quotidien. Dans une large partie du monde, il est beaucoup attendu d’un pouvoir qui, tout en étant ferme, est à la fois juste et soucieux du bien de ceux sur qui il s’exerce. Mais ces attentes sont souvent déçues, dans l’entreprise comme dans la sphère publique. Les entreprises occidentales à orientation humaniste sont, quant à elles, bien placées pour y répondre si elles sont prêtes à tenir compte, en chaque lieu, de la vision locale d’une bonne manière de vivre ensemble. Elles peuvent être ainsi des agents d’efficacité économique en même temps que de progrès humain.

 

Idées clés relevées

Contexte :

  • L’auteur a analysé les valeurs de Lafarge en France et à l’international, appelées les Principes d’Action de Lafarge déployés dans le cadre d’un projet LFT (Leader for Tomorrow). Ce projet est considéré comme la plus importante décision du patron à l’époque.
  • Il a donc mené des interviews terrains dans des usines en France, USA, Chine et Jordanie avant de mener une enquête par questionnaires (plusieurs centaines de milliers de réponses).

 

Slogan : Les valeurs ont de la valeur

 

Caractéristiques des valeurs :

  • Elles relèvent d’une vision de la société et de l’homme qui est éminemment culturelle
  • Elles n’ont de portée que si elles sont décrites et imagées. Chez Lafarge, ce ne sont pas de simples mots, mais des situations concrètes
  • Leur description doit tenir compte des cultures nationales
    • Chaque valeur a une traduction spécifique en fonction du pays (France, US, Chine, …)
  • Chaque valeur tient compte de la logique de la culture pays dans sa formulation et le choix des mots
    • En France, la logique de l’honneur
    • Aux US, la logique contractuelle
    • En chine, la logique de la bureaucratie céleste
    • Au Moyen Orient, la logique tribale
  • La description des valeurs semble donc devoir être réalisée par un « agent » empreint de la culture du pays.

 

Retours d’interviews :

  • Nécessité d’analyser la portée des valeurs sur 4 acteurs :
    • L’Entreprise
    • Les clients
    • L’Actionnaire
    • Les employé
  • Il apparait  trois registres de valeurs
    • L’invocation à des valeurs universelles
    • Le choix du Groupe
    • Une manière d’incarner ces valeurs propres au monde occidental
  • Il y au moins autant de mises en pratiques des valeurs qu’il y a de cultures nationales
  • Dans certains pays, on peut être amené à en ajouter ou à en enlever (conflit avec valeur nationale)
  • La mise en pratique des valeurs « doit » laisser de la place à l’expression des valeurs nationales. Il n’y a pas concurrence, mais « coopération ». Ce n’est peut-être pas le meilleur mot.
    • Par exemple en Chine, il s’agit de tirer des pratiques de l’univers des possibles chinois dans un sens conforme aux valeurs
    • Aucune fatalité culturelle n’interdit au management de trouver les bonnes attitudes dans le large spectre disponible
    • La conscience de la dimension culturelle reste faible dans le cadre d’un projet sur les valeurs
  • Un programme tel que LFT donne un sentiment de rapprochement, une référence, un point fixe
  • Une frustration est perçue sur deux aspects
    • mise en œuvre du programme
    • personne ne doit rester en marge
  • Il n’y a pas d’imposition des valeurs, mais seulement une mise en pratique de ce qui existe déjà
  • Les Français sont les plus septiques sur ce type de démarche, car on « touche » à leur sentiment de liberté d’action, autonomie fière et à leurs réticences d’appartenance communautaire.
  • Les valeurs ne peuvent prendre corps si elles restent à l’état pur
  • Quand on parle de valeur à un individu, cela évoque un idéal, un monde qu’il désirerait voir advenir.
  • Importance de nommer la valeur centrale. Exercice difficile.
  • Paradoxe international : désir d’unité et choc des civilisations
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